Interview de François Pringuet

Passionné par le par les animaux du continent africain, le photographe animalier François Pringuet s'est spécialisé dans la photographie noir et blanc. Il présente notamment l'exposition Tinga Tinga dans le cadre du festival photo Pose partage 2105, les 2 et 3 mai à Albert.

Par Romain Jolivel (Meuble)

François Pringuet, vous êtes photographe animalier, mais vous capturez parfois aussi des paysages. À part ça, qui êtes-vous : pouvez-vous présenter en quelques mots ?

J'ai 32 ans, je suis papa d'un adorable garçon de 2 ans et je vis avec ma petite famille au Havre. J'ai travaillé pendant de nombreuses années comme graphiste et me consacre aujourd'hui pleinement à la photographie.

Comment avez-vous découvert l’Afrique ? D’où vient votre fascination pour ce continent ?

Comme beaucoup, j'ai découvert l'Afrique dans les livres et documentaires animaliers pendant mon enfance. Cette fascination pour le continent me vient de cette force, de ce charisme qui se dégagent des animaux d'Afrique mais aussi des magnifiques paysages sur ce continent.

François Pringuet

Tinga Tinga, photographie © F. Pringuet

Vous travaillez uniquement en noir et blanc. Pourquoi ce choix ?

En effet, je ne travaille plus qu'en noir et blanc aujourd'hui. Après de nombreuses années à faire de la photo de paysage, de l'animalier, de la macro, en couleur, en noir et blanc, en France, à l'étranger, j'ai décidé à me consacrer uniquement à ce qui me plaisait le plus : l'Afrique en noir et blanc. C'est un choix avant tout esthétique et graphique. Je trouve qu'il en ressort une certaine force des images.

C'est aussi un moyen de se concentrer sur l'essentiel : un cadrage, une composition, un regard, un détail, une ambiance. Enfin, comme je le dis souvent, il s'agit là du travail d'une vie, le noir et blanc colle bien à cette notion de durée.

Beaucoup de vos photos présentent des cadrages d’animaux très serrés. Comment réussissez-vous à produire de tels gros plans d’animaux sauvages ?

Les animaux parfois se rapprochent très près des véhicules. L'utilisation de longues focales, de convertisseurs, de capteurs APSC (x1,5) et les possibilités offertes en matière de recadrage par les capteurs aujourd'hui me permettent de faire ce type de cadrage très serrés que j'affectionne particulièrement.

On peut également voir des plans plus larges sur votre site. De manière générale, comment se déroulent les séances de prises de vues : quelle est la part de préparation et de repérages avant, quelle est la place de l’improvisation pendant ?

Il n'y a pas vraiment de repérages ou préparation particulière en amont de ma part, je laisse faire la chance si je pars seul et je fais confiance à mon chauffeur/guide si je pars en voyage accompagné. Je suis donc plutôt opportuniste et photographie ce que la nature veut bien m'offrir.

Je pars généralement avec 2 boitiers, avec grand angle et téléobjectif. Cette configuration me permet de ne pas avoir à perdre de temps lors de changements d'objectifs.

De quel équipement (photographique ou non !) a-t-on besoin pour réaliser des photographies animalières comme les vôtres ? Y a-t-il un accessoire que vous transportez toujours avec vous (au cas où !), mais qui, finalement, ne sert jamais ?

Je pars généralement avec 2 boitiers. J'y adjoins mon téléobjectif sur le premier, mon grand angle sur le second, pour travailler à la fois les portraits, les ambiances et les comportements. Cette configuration me permet de ne pas avoir à perdre de temps lors de changements d'objectifs.

Finalement, s'il y a bien un accessoire que j'emmène et que je n'utilise pas trop, c'est bien le flash.

Quel est le meilleur moment pour photographier les animaux ? Et les paysages ?

Le matin et le soir sont des moments à privilégier, les lumières étant belles et les animaux plus actifs à ces périodes. Les photos peuvent aussi se faire de nuit. Pour le paysage, j'apprécie les temps nuageux qui apportent de la « matière » dans le ciel, ce qui est à mes yeux primordial en noir et blanc.

Que ressent-on lorsque, après plusieurs jours de repérage, d’affût et de pistage, on se retrouve enfin au bon endroit et au bon moment, et qu’on sait que, le soir, on rentrera avec ce qu’on était venu chercher, les yeux et le capteur chargés de belles images ?

Je pars en Afrique avec des images en tête. De temps en temps, je reviens avec certaines d'entre elles. Mais souvent je reviens avec d'autres images, pas moins bonnes, juste différentes de celles que j'avais à l'esprit. C'est cela qui est agréable aussi, l'effet de surprise. Dans tous les cas, je suis toujours satisfait.

Vous présentez uniquement, sur votre site et lors du festival, des photos d’Afrique. En restant dans le domaine de la photo animalière, quelles autres destinations vous font rêver ?

J'aimerais beaucoup travailler sur les manchots en Antarctique, la faune du Canada mais aussi les paysages d'Islande ou de l'Ouest américain.

Vous photographiez également des paysages. Quel rapport avez-vous avec la nature de manière générale ?

Je vis malheureusement en ville et ne suis pas assez en contact avec la nature. Elle me manque souvent. Je la respecte autant que possible, elle me fascine et j'espère que mon fils, ses enfants et petits-enfants auront la chance de voir les espèces et les paysages que je vois quand je pars en Afrique, en France ou ailleurs.

Quels autres domaines et/ou photographes vous intéressent et vous inspirent ?

J'apprécie particulièrement les photographes de nature et animaliers. Ce sont des photographes comme Nick Brandt, Bruno Calendini, Alain Pons mais aussi Laurent Baheux qui ont forgé mon regard en noir et blanc sur la faune africaine. Mais j'apprécie également le travail de Vincent Munier, Laurent Geslin et tous ces photographes que je rencontre lors de festivals.

Vous organisez également des stages et des formations. Que vous apporte cette possibilité de transmettre votre savoir ? Comment se déroulent ces formations ?

Sur les stages que j'organise, il y a un vrai échange, humain, enrichissant pour tous. Une journée type se compose d'une partie théorique, d'une partie pratique et de la (re)découverte d'un lieu.

Enfin, si l’on relie les tâches d’un guépard avec un stylo, quel dessin obtient-on ?

J'ai beau travailler mon sprint, il me distance à chaque fois… mais j'aimerais bien savoir moi aussi !

Propos recueillis par Romain Jolivel (Meuble)

Bio express

Passionné par les animaux du continent africain depuis l'enfance et par la photographie depuis 2005, François Pringuet réunit ses deux passions lors d'un premier safari photo en 2009. Depuis et dès que l'occasion se présente, il repart en Afrique pour photographier ces emblématiques animaux. L'exposition « Tinga Tinga » retrace plusieurs safaris réalisés depuis 5 années en Afrique du Sud ainsi qu'en Tanzanie, et présente des clichés de la faune africaine : félins, éléphants, zèbres, girafes mais aussi espèces menacées comme les lycaons, guépards et rhinocéros noir. Les images d'ambiance, de comportements mais aussi les portraits, présentés en noir et blanc, permettent de se concentrer sur l'essentiel : les compositions, la matière, le ressenti. Source : site officiel du festival photo Pose partage

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