Interview de Hashe, photographe tout terrain

Photographe tout terrain et Pose partageur à ses heures, Hashe est un artiste au parcours atypique. De la photo argentique à la création d'images numériques, destin d'un passionné sympa… que vous rencontrerez au festival photo Pose partage les 2 et 3 mai 2015 !

Hashe, présent sur Pose partage depuis maintenant deux ans… et dont la présentation complète tient en trois mots : « photographe tout terrain » ! Qui se cache derrière cette définition ? Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

« Photographe tout terrain », oui, c’est un terme pour éviter d’être enfermé, catalogué dans un style photographique.

Étant un peu touche à tout, je ne me ferme aucune porte, je suis ainsi photographe amateur depuis 2012 et originaire de Normandie.

Tu es photographe, mais aussi graphiste, à en croire tes images. Comment en es-tu arrivé là : tu as commencé par la photo, la création d’images numériques, ou les deux sont venus en même temps ?

À vrai dire, c’est un drôle de parcours !

Je pratiquais, jadis , la photo argentique. Rien de très élaboré : photos de vacances, les potes en concerts, photos de famille… Puis, avec l’obsolescence de mon matériel, conjuguée avec l’arrivée du numérique, les choses ont fait que j’ai fini par abandonner la photo.

Puis, il y a près de trois ans, des problèmes de santé m’ont immobilisé un long moment. Alors, je me suis offert un APN, j’ai installé photoshop et je me suis retrouvé cloué chez moi avec comme espace de travail mon bureau, un spot de chantier en guise d’éclairage, et un seul modèle : moi ! Autant vous dire que je devais être imaginatif !

J’ai donc passé des heures à étudier non seulement la photo numérique, mais aussi les logiciels qui me permettraient de créer mes images.

Hashe cigare

Quel cigare ! Photographie © Hashe

Je pense que ce que l’on retient surtout parmi tes images, ce sont ces photomontages toujours percutants, mais aussi très variés. Où trouves-tu ton inspiration pour ces réalisations ?

Tout m’inspire au quotidien! La photo, bien sûr, mais aussi la pub, la mode, le street-art, la musique, le design, l’architecture, la télé, le cinéma…

J’ai en permanence un carnet sur moi, un autre sur mon bureau, bref, un par pièce !

Une idée me vient, je la note, faisant parfois un petit croquis pour l’éclairage ou la technique de montage à utiliser.

Comment se passe ton processus de création : est-ce que tu prends des photos de chaque élément qui va te servir au montage final, ou bien tu crées certaines pièces en numérique ?

Je ne crée aucune pièce numérique. Je crée plutôt une sorte de millefeuilles photographique. Une recette qui consisterait à ajouter une photo à une autre photo et qui, au final, ne formerait qu’une seule et même image.

Parfois, c’est un peu plus compliqué que ça, bien sûr, mais ça fonctionne sur ce principe.

Quand il y a un tel travail de post-traitement dans ce genre d’images, est-ce qu’on n’a pas tendance à « bâcler » la prise de vue, en se disant que le numérique pourra de toute façon sauver un cliché ? Comment abordes-tu la prise de vue, quelle est la part de préparation en amont du shoot dans tes images ?

Non, à vrai dire, vous ne pouvez pas tout rattraper avec le numérique. Même si vous pouviez, cela prendrait beaucoup trop de temps !

C’est pour cela qu’il est capital de penser à un maximum de détails avant de déclencher, d’autant plus que vous allez devoir travailler avec plusieurs éléments, modèles, objets… Le tout dans un même cadre ! Votre mise en scène, votre composition doivent être solides car vous êtes le seul à connaître le résultat final.

Quand je sors, j’ai en permanence mon appareil sur moi et un trépied dans mon coffre… Je m’intéresse un peu à tout.

Ton répertoire ne se résume tout de même pas uniquement à ces photomontages, tu nous offres parfois des paysages par exemple. Où vas-tu chercher ces coins de nature, et comment se déroulent tes prises de vue par rapport aux photomontages, quand tu es dehors en lumière naturelle ?

Les paysages et les photos en extérieur sont souvent, chez moi, le fruit de balades. Je ne suis pas toujours assez courageux pour mettre mon réveil à six heures du mat’… Mais je l’ai fait ! Quand je sors, j’ai en permanence mon appareil sur moi et un trépied dans mon coffre.

J’ai un faible pour l’architecture même si j’y consacre peu de temps.

Quels autres domaines photos t’intéressent, ou as-tu envie d’expérimenter ?

Je m’intéresse un peu à tout. J’ai par exemple récemment fait l’acquisition d’un filtre infra-rouge encore dans l’emballage, mais je compte bien profiter du festival pour glaner quelques conseils… c’est aussi ça le festival !

À cette édition 2015 du festival Pose partage, tu vas présenter une exposition, mais également animer un atelier. Que va-t-on y apprendre, et pourquoi, selon toi, devrait-on y assister ?

Nous allons parler « incrustation ». Plus précisément incrustation d’un objet.

Je vais reprendre, étape par étape, l’une de mes réalisations, de la prise de vue au post-traitement final.

Pourquoi y participer ? Je dirai plutôt pourquoi ne pas y participer ?

Hashe photographe tout terrain

Photographie © Hashe

Est-ce que tu as des projets à venir dont tu peux nous parler ? Ou des projets commencés que tu vas terminer prochainement (il me semble qu’il n’y a toujours que six photos dans ta série des 7 péchés capitaux, par exemple !) ?

Oui, pas mal de projets : certains en cours, et d’autres, à vrai dire une grande partie, sont encore sur papier, faute de temps. Je vais prochainement réaliser le troisième et dernier volet de la série « gangster ». À part ça, des expos, des collaborations…

Oui les 7 péchés n’en contiennent que 6, c’est vrai. Cette série a débuté un jour où je n’avais plus de projets, plus de défis sur le forum, aucun thème de concours, bref, plus rien à me mettre sous la dent. Je me suis donc imposé un thème : les 7 péchés capitaux, format portrait et je devais apparaître en entier ou en partie sur la photo. Et je pense que c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pour les grandes séries. Mais « luxure » est encore couchée sur carnet !


Propos recueillis par Romain Jolivel (Meuble)

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