Idée destination photo : les Cévennes et les Causses

Il y a des lieux ou la magie opère. Où la lumière est l'objet de spectacles à couper le souffle. Les Cévennes font certainement parties de ces lieux. Le temps s'arrête, le calme est là, et les sens sont éveillés par la vie sauvage, de la vue d'oiseaux au doux bruit de la rivière.

Les Cévennes sont situées au sud du Massif Central. Il s'agit d'un parc national.

Dotées aussi bien de reliefs que de plateaux désertiques, elles forment un parfait terrain de jeux pour les photographes naturalistes. Faune, flore, paysage, toutes les saisons ont leur particularité, leurs couleurs, leurs odeurs, leurs lumières.

Plusieurs lieux clés sont à privilégier, comme la Lozère et son mont désertique, le Mont Aigoual et sa forêt historique, les nombreuses gorges (Tarn, Jonte, Vis plus au sud) creusées au beau milieu des causses, plateaux calcaires (Causse Méjean, Causse noir, etc.).

Des paysages grandioses

Si vous faites une petite virée en montagne, vous pourrez observer de magnifiques levers de soleil. Du sommet du Mont Aigoual, par très beau temps, on peut observer du même point de vue la chaîne des Pyrénées, les Alpes, et la Méditerranée. Cependant, l'Aigoual est le lieu ou se rencontrent climat méditerranéen et océanique (traversé par la ligne de partage des eaux). Le temps est vraiment particulier, le vent y souffle souvent très fort et le brouillard est présent quasiment la moitié de l'année. Inutile de préciser que cela donne des atmosphères très intéressantes.

Mont Aigoual

Lever du soleil depuis le Mont Aigoual, © K. Andreï

Les Cévennes sont aussi des terres touristiques… avec des aménagements prévus. Si vous voulez un conseil évitez ce genre d'infrastructure, chaussez vos chaussures de randonnée, et sortez des sentiers battus. La carte IGN du coin est conseillée, atout précieux pour photographe avide d'images !

À chaque saison sa spécialité !

Les saisons nous amènent souvent à photographier des sujets différents, espèces différentes.

Printemps

Au printemps, c'est la saison du renouveau, un cycle commence. Les couleurs des arbres se verdissent, mais c'est le tout début du printemps qui est intéressant. Ces différents verts frais, qui ne durent seulement que 1 ou 2 semaines.

On peut observer selon le milieu différentes orchidées, dont certaines endémiques. Attention, rien à voir avec les orchidées qu'on trouve en magasin… Ici, ce sont des orchidées sauvages. Chacune a sa fonction propre, et elles font l'objet de recherches scientifiques très poussées. C'est un peu le paradis des orchidophyles, qui viennent de toute l'Europe afin de retrouver chaque année leurs fleurs préférées. Ces plantes sont protégées pour certaines, interdites à la cueillette pour toutes. De nombreux livres sur les orchidées vous aideront dans la reconnaissance de ces superbes fleurs. Un objectif macro et un trépied sont fortement recommandés. Sur le causse, les lumières du soir sont comme souvent magiques.

Les oiseaux, notamment rapaces, sont également de sortie avant leur nidification.

Orchidée : Ophrys scolopax

Orchidée : Ophrys scolopax, © K. Andreï

En juin a lieu la transhumance, ancienne tradition des bergers afin d'amener leur troupeau de moutons vers de l'herbe fraiche en altitude. Normalement un troupeau est au départ dans la vallée, et au fur et à mesure qu'il monte, il est rejoint par le reste des troupeaux. Chaque mouton a des pompons de couleurs afin de reconnaître les différents troupeaux.

Cela donne lieu chaque année au mois de juin à la fête de la transhumance pour l'arrivée des troupeaux à l'Espérou. Une fête traditionnelle et pleine de couleur vraiment intéressante à photographier. On peut aussi rejoindre les bergers pour transhumer avec eux sur quelques jours. Ils utilisent les drailles, chemin délimités par des murets en pierres sèches, qui retrouvent alors leur utilité d'autrefois.

Éte

En été, on peut s'amuser avec les très nombreuses rivières. Les lieux à privilégier sont bien évidemment la montagne, mais aussi les magnifiques gorges. Une petite pause rafraîchissante ! Et ce n'est pas le choix qui manque : les rivières sur sol granitique (Aigoual notamment) séduiront par les courbes des rochers lisses, alors que les rivières sur le sol calcaire apporteront une riche végétation et une couleur souvent bleu azur (rivière de la Vis).

Le causse est à privilégier pour les rapaces. Il constitue un vaste terrain de chasse, notamment pour le circaète Jean-le-Blanc, de passage dans la région pour nidifier.

Gorges de la Vis

Pêche à la mouche sans ardillon - Gorges de la Vis, © K. Andreï

Automne

L'automne est la saison rêvée au niveau des couleurs… Différents cycles selon les arbres, selon l'altitude. Les forêt de hêtres vous raviront de leurs nuances.

Les Cévennes sont aussi une terre de chataîgners. Ceux-ci ont été des cultures fruitières quand les cévenols devaient passer l'hiver, les châtaignes se faisaient alors griller au coin du feu. De nombreuses forêts donnent de magnifiques couleurs à l'automne. Au début de l'automne, ces forêts sont d'or, cela ne dure pas longtemps, pour ensuite prendre une couleur orangée. Difficile d'avoir une lumière du soir dans ces vallées encaissées, privilégier donc la douce lumière du matin.

Sans parler des champignons, qui après avoir satisfait la vue, régaleront le palais des photographes !

Hêtraie à l'Aigoual

Hêtraie à l'Aigoual, © K. Andreï

Le brame du cerf en montagne est un spectacle impressionnant. Pour cela, il vaut mieux être équipés d'habits camouflés, éviter toute odeur (éviter de se doucher le matin par exemple), surveiller le sens du vent pour permettre l'approche.

Certains vous conseilleront la nuit, mais pour avoir déjà fait des sorties en plein jour, il faut certes être prudent et silencieux (ils sont en rûte, et pas très dociles…) mais l'observation est très facile. Il faut privilégier les endroits ou les jours où il n'y a pas de chasse.

Un téléobjectif et un monopod seront deux accessoires très utiles. Un grand angle peut aussi prendre une ambiance, un cerf qui brame dans la brume… Les situations ne sont pas prévisibles, il est donc préférable de prévoir tout type de matériel.

Hiver

L'hiver, les monts sont envahis par la neige. L'Aigoual est alors un lieu privilégié avec sa hauteur de neige souvent impressionnante (plus de 2m en pleine saison).

Le vent façonne la neige et donne aux arbres gelés des apparences d'un nouveau monde figé. Plus bas, les rivières de l'Aigoual forcent le passage alors que les bords sont glacés. La balade en raquettes est indispensable, les pistes forestières se transforment en un paradis du ski de fond. Souvent, les températures aidées par le vent ne descendent pas en dessous des -10°C , et arrivent même entre -15°C et -20°C.

En photographie, on se régalera de cet univers de glace. Les mouvements de l'eau mêlés aux restes de givre donnent une prédominance bleue, de la macro à la photo de paysage, les possibilités sont sans limite.

Les rapaces sédentaires commencent les parades vers décembre, n'hésitez pas à lever les yeux au ciel ces périodes sont souvent privilégiées pour l'observation.

mont Aigoual

Sur le mont Aigoual, © K. Andreï

Le Causse, plateau calcaire

Le causse est constitué de calcaire, délimité par les gorges, il s'élève à 800 mètres d'altitude en moyenne.

Le symbole du causse, la Cardabelle, est un type de chardon qui était aussi appelé « baromètre du berger ». Ce dernier se servait de cette plante afin de connaître la météo (la plante s'ouvre ou se ferme selon le temps annoncé). Cette plante a été aussi accrochée aux murs des maisons du Causse pour le plus grand bonheur du photographe, mais elle est aujourd'hui protégée de la cueillette. Côté architecture, les Cévennes ont un patrimoine riche.

causse de Blandas

Menhir sur le causse de Blandas, © K. Andreï

Anciennes bergeries, maisons, la pierre domine ici, seul matériaux à portée de main dans le temps. Une amie résidant à Vissec, commune des gorges de la Vis, a récemment édité un livre « Pierre et ames », ou figurent toutes les pierres de son village dessinées à l'encre de chine.

On trouve également sur le causse des menhirs, dolmens et cromlechs (regroupement de menhirs en rond), dont la signification est encore le centre de l'intérêt de plusieurs passionnés…

Tout cela donne une atmosphère vraiment particulière au causse, une sorte de désert peu accessible à certains esprits… alors que l'imagination d'autres court le long des courbes que nous offre cet univers rustique.

D'ailleurs, ici on a tendance à dire : le causse, soit on l'adore, soit on le déteste.

Le solitaire du Causse

Le solitaire du Causse, © K. Andreï

Une autre habitante inspirée par la magie du Causse nous raconte une histoire d'une petite fille qui découvre ce lieu et son petit monde… Isabelle Schatz et son livre pour petits et grands « Les Enfants de la Terre ». Une douce initiation à l'écologie mêlée de lutins et de phénomènes étranges.

Voilà une petite introduction pour visiter les Cévennes et le Causse, pourquoi petite ? Car il y a tant d'autres choses à découvrir ! Bonnes balades…

Plus de photos des Cévènnes

Pour plus de photos des Cévennes, vous pouvez consulter le site photo Lumières naturelles de Karine Andreï.

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